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Formation continue des établissements d’enseignement supérieur : un levier inexploité ?


Selon l’édition 2017 des « Repères et références statistiques sur les enseignements », le chiffre d’affaires des universités pour la formation continue est en hausse de 3%. Sur le marché de la formation continue estimé à 13 milliards d’euros, les universités représentent entre 320 et 350 millions d’euros. Ainsi, la formation continue apparaît comme un levier insuffisamment exploité dans le secteur de l’enseignement supérieur. Et pourtant, nombreux sont les bénéfices engendrés par de tels cursus ! Surtout que « la formation continue constitue un véritable besoin pour l’ensemble de la société, les universités sont tout à fait en mesure d’y répondre. » (François Germinet, président de l’UCP, auteur d’un rapport sur la formation continue dans le supérieur en 2016).

Des opportunités non négligeables !

Au-delà de la manne financière apportée par l’offre supplémentaire (la formation continue propose de nouvelles alternatives en parallèle de la formation initiale), développer ce type de formation doit être envisagé comme un véritable objectif à la fois économique, culturel et sociétal, allant jusqu’à s’intégrer aux nouveaux modèles des établissements d’enseignement supérieur…

Un corps académique de qualité

La formation continue permet aux enseignants chercheurs de partager leur expertise, leurs travaux  : les enseignants chercheurs permettent de faire valoir une expertise, une richesse supplémentaire. Celle-ci aura non seulement des répercussions à l’échelle financière (les transferts technologiques complètent leurs ressources), mais elle permettra d’engendrer aussi une valeur ajoutée supplémentaire puisque la recherche réside dans la diffusion des savoir-faire de qualité !

Autre dimension à mesurer, « l’image de marque » comme outil au service des établissements d’enseignement. Les écoles (et de plus en plus d’universités) investissent dans la communication. Les établissements d’enseignement doivent alors laisser transparaître leur identité telle une valeur ajoutée qu’elles pourront relayer au fil de divers canaux. Ainsi, le domaine de la recherche à travers l’idée du savoir-faire, apparaît comme un avantage non négligeable sur lequel communiquer !

Des défis à surmonter

Afin de mieux diffuser leurs offres, les établissements doivent en priorité revoir les contenus liés à la formation continue afin de les rendre les plus lisibles et par conséquent les plus attractifs possibles : miser sur la lisibilité avant la visibilité ! Au regard d’une stratégie efficiente, les offres de formation, grâce à une logique reposant sur les métiers et les compétences, devront être plus explicites afin d’en assurer leur bonne diffusion.

Marc Poncin, directeur du service formation continue à l’Université de Strasbourg, soulève un autre défi. Selon lui, un des problèmes majeurs des services est la « difficulté à trouver dans nos établissements des interlocuteurs pour discuter stratégie ». Et il ajoute que : « le manque d’investissements dans la montée en compétences des équipes de FCU fait que, par rapport à d’autres acteurs, nous sommes à la traîne ».

Une capacité de certification

Il apparaît nécessaire de réorganiser la chaîne de valeur et d’y intégrer l’innovation pédagogique. En s’appuyant sur une logique de découpage en blocs de compétences, les formats de l’offre de formation continue doivent évoluer autour de l’idée de personnalisation : principe de la « formation continue à la carte », dans une logique d’accès progressif à la totalité d’un diplôme ou d’un titre. Pour cela, il faudra s’assurer de l’adéquation des formations proposées avec le marché de l’Emploi et les nouvelles compétences qui en découlent (ex. se rapprocher de données issues des acteurs socio-économiques concernés).

La formation continue évolue aux côtés de la formation initiale (plus académique). Même si elles ne répondent pas aux mêmes attentes et publics ciblés, la frontière devient cependant de plus en plus ténue.

Favoriser, comme cela se pratique déjà, l’accompagnement par le biais de canaux alimentant le processus d’entrée et de sortie (Journées Portes Ouvertes, coaching, bilans de compétences, réseaux d’Alumni…) renforce la visibilité du message comme des preuves destinées à rassurer les futurs bénéficiaires de la formation. Par ailleurs, l’utilisation du digital peut permettre de faciliter la diffusion du message/de l’offre : grâce à l’émergence d’outils web (Intranet, Réseaux Sociaux…) offrent  des plateformes dématérialisées qui pourront attirer les nouveaux et fédérer les anciens.

Les bons élèves : les grandes écoles

Les universités les plus actives en formation continue (parmi elles Strasbourg, Dauphine) pèsent environ 10 millions d’euros chacune quand les écoles de commerce les plus performantes sur le sujet enregistrent un chiffre d’affaires moyen aux alentours de 20 millions d’euros (chiffres DARES). La formation continue représente une bonne moitié du chiffre d’affaires chez HEC…Toujours chez les écoles de commerce : Audencia a inauguré fin 2016 des nouveaux bâtiments à Paris pour développer et recevoir ses Alumni. Enfin, autre exemple de démarche, NEOMA est une Business School qui possède un campus parisien destiné à la formation continue.

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