Covid-19 : quelles mesures d’urgence en matière de formation professionnelle ?

L’ordonnance n° 2020-387 du 01/04/2020 portant les mesures d’urgence en matière de formation professionnelle pour faire face à l’épidémie de Covid-19, a été publiée au Journal Officiel du 02/04/2020. Elle adapte certaines dispositions de la loi « avenir professionnel » pour permettre aux acteurs de la formation tels que les organismes de formation, les CFA, les entreprises, mais aussi les apprenants/salariés de s’adapter à la période de confinement mise en place pour lutter contre la pandémie.

 

 

Covid-19, quelles mesures pour le secteur de la formation ?

Dans le cadre de la gestion de la pandémie du coronavirus, l’Assemblée nationale a voté dans la nuit de samedi à dimanche le projet de loi déposé par le gouvernement pour faire face à la crise sanitaire dans le pays : « le Gouvernement est autorisé à prendre par ordonnance, dans un délai de trois mois à compter de la publication de la loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 .

Réforme de la formation : quel nouveau modèle pour l’alternance ?


Une libéralisation du secteur de l’apprentissage généralisée en 2020 :

La nouvelle réforme de la formation professionnelle prévoit une transformation qui vise à bouleverser tout l’écosystème de l’apprentissage. Désormais les Régions ne piloteront plus financièrement les CFA (centres de formation d’apprentis), elles interviendront néanmoins en matière de financement des CFA à deux niveaux :

  • elles disposeront d’une dotation évaluée sur la base des investissements qu’elles auront réalisés sur la période 2017-2019 ;
  • elles compléteront la prise en charge des contrats dans une logique d’aménagement du territoire ou de développement économique pour plus d’équité (ex. ne pas pénaliser les zones rurales aux faibles effectifs) ;

La feuille de route du gouvernement est donc restée identique du début à la fin puisque ce sont bien les OPCO qui devront s’assurer du financement des contrats d’apprentissage et de professionnalisation selon les niveaux de prise en charge fixés par les branches professionnelles : les cartes régionales d’apprentissage disparaîtront définitivement en 2020, même si les Régions conservent la responsabilité de l’orientation des jeunes. 

Le « coût au contrat » nouveau moyen pour financer les CFA

De leur côté, les directeurs de CFA devront sérieusement repenser leur budget de fonctionnement : les CFA toucheront pour chaque jeune en contrat d’apprentissage une somme forfaitaire appelée « coût-contrat ». En somme, plus un CFA aura de jeunes en contrat, plus celui-ci pourra améliorer ses ressources. Ce financement du coût-contrat sera défini au niveau national par les branches professionnelles (financement par les OPCO). Les branches ont jusqu’à fin février pour proposer des montants qui seront arbitrés ensuite par France Compétences d’ici fin avril.

Un levier économique pour les organismes voire pour les entreprises…

« Nous passons d’une logique administrée à une logique de marché »


Dominique Crayssac, directeur régional formation-enseignement-emploi de la CCI Occitanie

Tout organisme peut dès à présent développer une activité nouvelle sur l’ensemble du territoire sans autorisation préalable. Il est ainsi possible d’ouvrir un centre de formation d’apprentis sans avoir à conclure une convention avec un Conseil régional. Concernant les travailleurs actifs, l’alternance continue d’être financée notamment grâce à la création de la « Pro-A » qui, en remplacement de la période de professionnalisation, encourage la reconversion ou la formation professionnelle des salariés par l’alternance (encouragée pour les salariés ne disposant pas de certification niveau 6). En parallèle, les entreprises pourront demain créer plus aisément leurs propres « écoles d’entreprise » !

« Avec la loi Avenir Professionnel, la notion de CFA, va fortement évoluer, puisque ceux-ci deviennent des organismes de formation comme les autres. »

Jean Christophe Chamayou (Fondateur du cabinet Lafayette Associés)

… mais qui nécessite la mise en place d’une organisation spécifique et le respect d’obligations !

Afin de mieux développer l’offre de services des CFA, il faudra bien évidemment pouvoir s’adapter aux attentes de la cible ! Pour cela, il faudra rendre le plus attractif possible l’offre de formation en y intégrant les innovations tant technologiques que pédagogiques. Ensuite, la nouvelle Loi Avenir Professionnel n’a cessé de le dire, il faut poursuivre une logique reposant sur les compétences, celle-ci permettant de répondre aux besoins réels et futurs du marché de l’emploi ! Le second objectif des CFA sera ainsi de segmenter et identifier les futurs candidats. Pour cela, implanter dans les centres de formation des outils de sourcing (diffuser une offre de formation cohérente et étendue) constitue un bon moyen pour attirer les jeunes vers des métiers et filières nouvelles surtout si « 85% des emplois de 2030 n’existent pas aujourd’hui » ! (étude apport de Dell et «l’Institut pour le Futur»)

Enfin, les organismes candidats au statut de CFA devront adopter les bons réflexes sur le plan administratif ou encore juridique, à savoir respecter les diverses obligations pour exercer : les obligations juridiques et comptables, les obligations liées à la qualité d’organismes de formation et les autres obligations tierces (inscription de l’activité d’apprentissage dans les statuts, référent handicap…).

La capacité à préparer un titre ou un diplôme

L’alternance par l’apprentissage et la professionnalisation devra obligatoirement préparer à un titre ou à un diplôme du RNCP : « Tout CFA doit donc être en mesure de justifier sa capacité à permettre à chaque apprenti d’obtenir un titre certifié au RNCP ». Les nouvelles règles d’éligibilité au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP), et notamment le découpage en blocs de compétences, inciteront les CFA à bâtir une véritable stratégie de certification en travaillant sur les niveaux, les équivalences et les dispositifs d’accès.

Autre critère de certification pour ces organismes, ils devront être déclarés au titre de la formation professionnelle continue et disposer d’un label qualité (cf. rapport Brunet sur le développement de l’apprentissage (n°43 Rapport Brunel), à savoir avoir obtenu un des actuels labels agréés par le Cnefop, ou être référencés dans le cadre de Datadock (pour les nouveaux entrants) pour pouvoir être financés par les OPCO (au plus tard le 01/01/2021).

L’apparition d’une nouvelle concurrence

Pour les CFA, la réforme ouvre certes le champ au développement d’une concurrence de plus en plus accrue, mais c’est également l’opportunité de repenser à la fois son modèle économique ainsi que son modèle de développement. La simplification des procédures d’ouverture ne supprime pas les exigences de qualité et les relations de confiance bâties depuis des années. Il est certain que cette réforme va être l’occasion de rebattre les cartes puisque de nouvelles collaborations entre les acteurs de l’écosystème vont voir le jour : les établissements, les entreprises, les apprentis, mais également les OPCO, et les Régions.

« Modèles économiques, modèles pédagogiques et positionnement dans la chaîne de valeur seront ainsi les clés de succès des acteurs de l’alternance ! »

Jean-Christophe Chamayou (Lafayette Associés)

Retour sur le Webinar : « Exigences de la qualité dans la formation professionnelle »


« Les prestataires de formation devront être “certifiés sur la base de critères définis par décret” pour pouvoir accéder aux financements publics ou paritaires. »

Pour son second Webinar, le cabinet Lafayette Associés s’est penché sur la thématique de la certification qualité. La dernière réforme de la formation professionnelle prévoit la mise en place d’une certification qualité des organismes de formation sur la base d’un référentiel national. Intitulée Loi pour un Avenir Professionnel, celle-ci s’inscrit dans le prolongement de la précédente réforme de 2014 et du décret du 30 juin 2015 listant les critères de qualité imposés à tous les organismes de formation financés par des fonds publics ou paritaires.  En exigeant des prestations de formation de qualité lors de la réforme de 2014, le législateur a invité tous les dirigeants d’organisme de formation à structurer et à professionnaliser leur stratégie ainsi que leur gestion. Cependant, le principal outil dédié, Datadock, n’a non seulement fait figure que d’outil pédagogique faiblement contraignant, mais il a aussi réduit l’ambition de qualité à un objectif de conformité administrative… 

Face à l’obligation de certification qui s’intensifie, seuls les organismes ayant pleinement saisi ce qu’implique un pilotage par la qualité pourront désormais tirer leur épingle du jeu ! Pendant près de 45 minutes, notre expert qualité Yannick Miel (consultant Lafayette Associés) a tenté de nous éclairer sur ce sujet au travers des points suivants  :

  • Qualité, conformité : qui exige quoi ?
  • Comment maîtriser et piloter la qualité ?
  • Comment transformer la contrainte de qualité en opportunité business ?
  • Comment se préparer à une démarche de certification ?

Appuyée par cette nouvelle réforme de la formation professionnelle, la qualité devra être perçue comme un processus de certification évident. Mais au-delà de son caractère obligatoire, il faut penser également le fonctionnement de la qualité selon différents processus : identification d’un besoin, conception d’une formation, réalisation d’une prestation de formation, évaluation continue et finale des compétences et suivi des bénéficiaires de la formation.

« La certification systématique des organismes de formation est essentielle pour améliorer la qualité, le professionnalisme et la transparence du secteur. » Stéphane Carcillo, chef de la division emplois et revenus à l’OCDE

Extrait de la présentation : « Comment maîtriser et planifier la qualité »

Pour voir le Webinar en replay inscrivez-vous sur ce lien

Pour consulter le support (dans sa globalité) du webinar sur le thème des « blocs de compétences » contactez-nous


Témoignage Client – MBA ESG


A l’occasion de sa dernière Newsletter bimestrielle, Lafayette Associés a interrogé Alain Kruger, directeur de MBA ESG (groupe Studialis). Un moment opportun pour échanger sur le thème de la certification professionnelle, et redécouvrir l’expertise Lafayette Associés…

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Retour en infographie sur le calendrier de la Réforme


Découvrez les étapes clés de la nouvelle « loi pour un avenir professionnel » grâce à une infographie ludique : quels acteurs et dispositifs vont disparaître, ou encore quel sera désormais le circuit de financement… Lafayette Associés vous aide à y voir plus clair en publiant le déroulement chronologique de la nouvelle réforme de la formation..

Découvrir notre infographie ludique

Quête de visibilité sur le marché de la formation


Comment les acteurs de la formation doivent mieux communiquer ?

De manière générale, on dira que la communication consiste à émettre un message auprès d’un destinataire, autrement dit auprès d’une cible qui aura été déterminée en amont. Si la communication apparaît comme un marché à part entière s’articulant entre agences et annonceurs, les organismes de formation semblent vouloir eux aussi améliorer/multiplier les outils qui leur permettront de transmettre des contenus pertinents, lisibles, visibles auprès des différents publics adressés. 

Des données plus lisibles pour améliorer la compréhension des publics – objectif de la réforme

A l’aube de cette grande réforme qui s’annonce, il a été établi que les acteurs de la formation (régions, CFA, établissements d’enseignement, OPCA…) devront désormais communiquer davantage sur l’employabilité ou encore l’insertion de leurs candidats. La ministre du travail a elle-même déclaré que toute personne pourra à l’avenir : « choisir sa formation en connaissant le taux d’insertion dans l’emploi à l’issue de cette dernière, le salaire prévisionnel à l’embauche et la différence de coût entre des formations similaires ». Quel rapport direct avec la définition de la communication que nous avons initialement évoquée ? L’un des objectifs majeurs de la communication vise à améliorer la visibilité et la notoriété d’une entité quelle qu’elle soit (entreprise, marque, personne…) dans le but de convaincre et de faire adhérer une ou plusieurs cibles. L’un des objectifs de cette réforme, va bien au-delà de la volonté de rendre des comptes au gouvernement, comme peut le sous-entendre le « financement au contrat des CFA » ou encore la demande de transparence dans l’affectation des fonds de l’apprentissage par les régions… Une amélioration de la visibilité des données des organismes de formation implique, au-delà de la simple notion de transparence de l’information, un objectif de servir l’individu à travers la réassurance, l’orientation, qu’il soit actif, étudiant ou en recherche d’emploi. Sans compter que la diffusion plus massive des données réelles (actualisées) en lien avec l’emploi et la formation professionnelle, sert également l’écosystème de la formation, tout en conférant une légitimité à ses acteurs : les données en temps réels telles que le taux d’insertion, le taux d’employabilité ou encore les réseaux d’alumni, représentent un moteur central pour appuyer les études, le conseil stratégique dans ce domaine.

Dépourvues d’une partie de leurs ressources budgétaires au profit des branches professionnelles, les régions se voient confier la mission d’orientation à destination des jeunes collégiens et des lycéens. Au risque de paraître réductrice, cette mission d’orientation devra pourtant faire l’objet d’une réelle réflexion stratégique en termes de communication, pour que ce processus aux vertus informatives soit au maximum déployé partout dans le pays : nous ne saurons rappeler qu’il existe aujourd’hui des bassins d’emploi vides* et que « 0,7% des jeunes âgés de 15 à 24 ans sont au chômage en France, soit 2,3% de moins que l’année dernière » (étude en ligne Harris Interactive & Indeed -2018). Les régions devront également, à côté de cela, assurer une promotion plus poussée de l’apprentissage. Reste à définir par quels moyens et quels canaux cette promotion sera diffusée auprès des individus concernés… L’apprentissage bénéficiant cependant d’un relai conséquent vis-à-vis de son image, par l’intermédiaire de l’Etat, du Medef et par conséquent des médias.

*De nombreuses branches ont beaucoup de mal à trouver des employés qualifiés. C’est pour cela que la communication apparaît également comme un levier essentiel, dans la mesure où elle permet de redorer l’image de professions jugées parfois dépassées aux yeux des individus en quête d’activité professionnelle : « les demandeurs d’emploi ne se tournent pas spontanément vers les métiers de l’Industrie qu’ils pensent à torts sinistrés » (Henri de Navacelle, ancien DRH de l’UIMM et actuel directeur général de l’Aforp).

Campagne #démarre ta story du ministère du travail

Mieux communiquer, mais comment ? Des acteurs de la formation qui multiplient les initiatives en matière de communication…

Multiplier les initiatives en matière de communication, tel est déjà le chemin suivi par beaucoup d’acteurs issus du secteur de la formation. Dans leur quotidien, certaines entités comme les cabinets de conseil, les centres de formation ou encore les Branches & OPCA  ont choisi la carte de la communication en multipliant les actions de type événementiels : le lancement des Matinales à destination des organismes de formation (cf. les Matinales du FORCO pour expliquer l’enjeu du décret qualité et éclairer sur les interrogations concernant le datadock), ou encore la tendance de plus en plus ancrée du Webinar, permet à ses organisateurs de réunir des centaines de participants sur la toile.

Les agences de communication commencent d’ailleurs à s’intéresser de près aux organismes de formation dans la mesure où plusieurs d’entre elles proposent des offres personnalisées : elles consistent à diffuser de manière efficace les offres de formation, ou à apprendre comment mieux communiquer via la sphère digitale, les contenus pédagogiques ou via les supports de présentation adéquats… De même, on trouve de plus en plus de formations en communication dédiées spécifiquement aux organismes de formation : « un organisme de formation doit réfléchir au contenu et à la façon dont il présentera ses formations, en dur (directement sur la page), ou en PDF par exemple. »

© Agence Web, Marketing, et communication 1min30