Quelles compétences professionnelles pour un lendemain digital ?

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Selon les dernières estimations : « 50% des métiers devraient être impactés par le numérique d’ici 2025 : 25% d’entre eux seront automatisés, 10% totalement transformés. 20% des emplois actuels pourraient disparaître sous l’effet de la transformation technologique et 85% des emplois de 2030 n’ont encore été inventés » (Sources Presse Professionnelle). Alors que le document d’orientation annonçant les prémices de la Réforme Professionnelle s’était donné pour ligne de conduite d’assurer une véritable cohérence entre les réalités actuelles (et futures) du marché de l’Emploi et celles du secteur de la formation professionnelle, quelles seront concrètement les nouvelles « approches compétences » à déployer pour ne pas se laisser happer par la « vague digitale » qui s’annonce ?

La ministre du travail Muriel Pénicaud l’avait annoncé elle-même : les dépenses prochaines accordées au développement de la formation porteront avant tout sur les compétences des individus, celles-ci permettant de pallier l’inadéquation existante entre les besoins du marché de l’emploi (plus particulièrement des bassins d’emplois) et les profils des candidats. Alors que s’annonce dans une logique purement schumpétérienne la création de nouveaux emplois au détriment de la disparition de certains (sous l’effet de l’Intelligence Artificielle et de la robotisation), la situation actuelle indique déjà que certaines branches professionnelles peinent à trouver des employés qualifiésMais au lieu de n’appréhender cette transformation numérique du marché que sous un angle alarmiste, peut-être faudrait-il envisager l’arrivée de ces innovations sous un œil bienveillant dans la mesure où elles ouvrent également la voie à de nouvelles perspectives.

Des innovations nécessitant une adaptation rapide de la part des individus, mais créatrices d’opportunités !

Face aux bouleversements annoncés, l’offre de formation devra non seulement s’adapter de façon progressive à une nouvelle demande, mais elle devra également prendre en compte de nouvelles compétences dont le territoire aura été défini en amont : le nombre d’emplois transversaux ou interbranches ne cessant de croître dans les entreprises. De même, dans le cadre de la transformation digitale du marché de l’emploi, une première ébauche de socle de compétences numériques sera présentée aux pouvoirs publics et possiblement déployé au travers du PIC (Plan Investissement Compétences). Cette première ébauche laissant entendre qu’un effort conséquent allait être consacré à la montée des compétences digitales au sein de la formation initiale & continue. Car nul doute que le numérique aura un véritable impact sur la transformation du travail ainsi que son organisation, impliquant à la fois des changements d’emplois & de tâches, et par conséquent de nouvelles formations professionnelles pour les individus !

Des formations placées sous le règne de l’immédiateté, de l’accessibilité…

Alors que le gouvernement a pour projet de lancer une application, l’utilisation des nouvelles technologies comme les MOOCs, la réalité augmentée et même virtuelle, constituera un défi de taille pour l’ensemble des acteurs de la formation traditionnelle. L’accès à ce type de technologies offrira certes un accès à de nouvelles connaissances & expériences, mais encore faudra t-il qu’en parallèle les individus puissent y avoir accès aisément (facilité et possibilité d’accès), de sorte que ces nouvelles pratiques répondent aux aspirations mises en exergue par la réforme de la formation professionnelle du gouvernement : simplification, universalisation, autonomie. Soit la promesse que les individus qu’ils demeurent jeunes, chômeurs ou actifs, aient la capacité à maîtriser ces nouvelles technologies. A noter que sur un plan économique, la formation à distance permet de diversifier son offre tout en améliorant le taux d’accès et la maîtrise des coûts.

 « C’est en développant l’employabilité de tous nos concitoyens que les mutations technologiques seront vécues non comme une menace mais comme la possibilité d’accéder à des opportunités nouvelles.» (Pierre Gattaz, président du Medef)

L’utilisation du digital dans le secteur de la formation n’a de sens que s’il est « accompagné et pensé pour favoriser, l’apprentissage » ! La quête de dématérialisation de l’offre de formation par l’illustration de nouveaux outils et méthodes, nécessite par ailleurs des investissements importants de conception, de diffusion et de mise à jour de l’information. Il est par conséquent primordial de veiller à ce que ces nouvelles dépenses « s’avèrent fructueuses et apportent à tous la valeur attendue » !

 

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La réalité virtuelle au service de l’expérience formatrice :  quelles promesses pour l’IA (Intelligence Artificielle) ?

Force est de constater un essor considérable du nombre d’innovations issues de l’intelligence artificielle ces deux dernières années. Cependant, malgré des débuts prometteurs annoncés, probablement liés aux penchants habituels pour la nouveauté et « le gadget », peut-on réellement assimiler ce progrès technique à un outil efficient de la formation professionnelle ?

Tout d’abord, il sera bon de rappeler que la réalité virtuelle est une technologie informatique simulant  la présence physique d’un utilisateur dans un environnement artificiellement généré par des logiciels, environnement avec lequel l’utilisateur peut interagir… Dans le contexte de la formation professionnelle, l’objectif n’adresse en aucun cas une intelligence artificielle forte se rapprochant d’une machine qui serait détentrice d’une intelligence et conscience humaine (autrement dit une sorte de double humain) : une situation qui se révélerait auquel cas inefficace et superflue dans le cadre d’un développement de nouvelles compétences. La direction choisie par l’utilisation d’une telle technologie au sein de la formation professionnelle, consiste davantage au développement de programmes de reconnaissance visuelle, ou encore de traitement de langage.  En somme la simulation de tâches cognitives à l’objet bien spécifique : cf. exemple de la société Immersive à Lille qui propose de s’immerger grâce à la réalité virtuelle dans le pilotage d’avions de chasse ou d’un A320… 

En définitive, face à la montée des compétences digitales auprès de tous les secteurs d’emploi (Santé, Industrie, Transports etc.), l’offre de formation doit s’adapter à l’évolution rapide d’un contexte technologique chaque jour plus dynamique. Pour cela, l’outil de formation initiale & continue constitue plus que jamais un enjeu stratégique majeur. L’articulation existante entre formation initiale (celle des savoirs) et continue (celles des compétences expertes et transverses) doit se faire de façon cohérente dans la mesure où les compétences amenées par chacune doivent tendre vers ses évolutions : principe de la formation tout au long de la vie !

La formation doit évoluer au travers des nouvelles compétences digitales, mais aussi dans la façon dont ces compétences sont acquises :  la pédagogie compte !

Il est à noter que l’Ecole et la formation initiale n’ont pas vocation à s’adapter en continu aux transformations conjoncturelles, c’est-à-dire aux évolutions en temps réel du marché de l’emploi. Cependant, elles modifient en profondeur et dans la durée les pratiques pédagogiques. De nouveaux outils & méthodes apparaissent alors, jusqu’à en devenir des « conventions scolaires » indéniables : maîtrise des logiciels Office/Adobe, recherche intelligente de l’information sur internet & ses plateformes, tutoriels, enseignement concernant la protection des données personnelles… Le numérique devient même porteur d’une nouvelle forme de culture, se rapportant à des valeurs comme la confiance, l’acceptation du doute, du risque, l’erreur…

Par ailleurs, le digital se doit de faciliter la pédagogie traditionnelle (en présentiel) en offrant par exemple plus de temps aux professeurs pour accompagner les étudiants. Cependant la diffusion des savoirs au sens traditionnel, ne doit pas pour autant disparaître en se substituant au profit des nouvelles techniques pédagogiques : la relation entre le professeur et l’étudiant reste essentielle, tout comme la prise de note manuscrite facilite davantage la mémorisation…  Ainsi, combiner présentiel et distanciel permet de mettre à disposition des ressources en ligne dont les apprenants prennent connaissance avant de venir en discuter de vive voix avec l’enseignant.

 

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