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Digitalisation de la formation professionnelle : quels constats ?


Sources : Presse Professionnelle / Rapport Institut pour le Future, Ecole de Palo Alto

Des emplois menacés ? pour l’OCDE 9% le seraient…

Les chercheurs Antz Gregory et Ziehran ont mené une étude dont l’objet réalise un parallèle entre les données fournies par l’OCDE et les tâches qui composent le travail réel des personnes. Il en ressort ainsi que 9% des emplois seraient menacés par l’automatisation résultant de la transformation digitale des métiers, en se basant sur l’hypothèse que : « un emploi est menacé dès lors qu’au moins 70% des tâches peuvent être automatisées »(l’Université d’Oxford ). Ce chiffre de 9% correspond à une moyenne pour tous les pays de l’OCDE. Si la France se situe dans la moyenne, l’étude montre qu’en Allemagne, en Autriche ou en Espagne, la part de « travailleurs à risque élevé de substitution » dépasse la barre des 10%.

 Un marché de la formation professionnelle en retard ?

Selon le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, (La transformation digitale de la formation professionnelle continue 2017), le secteur de la formation apparaît très en retard dans sa « numérisation ». Selon une enquête de la branche des organismes de formation privés, 52% des organismes de formation privés ne réalisaient en 2016 aucun CA en termes de formation digitale à distance !  De même, les patrons de PME sont encore trop peu nombreux à en faire en France. En mars 2017, la Commission européenne plaçait la France à la 16ème place de l’Union dans un classement relatif à l’économie et la société numérique (Digital Economy and Society Index 2017) du fait notamment  du retard pris par ses entreprises…

 

Les moyens mis en place par le gouvernement, les syndicats professionnels…

  • Digital Dispruption Lab : programme mis en place par le Medef, il s’agit d’un benchmark des meilleures pratiques internationales, réalisé après étude des stratégies de 21 pays européens, américains, asiatiques…

 

  • Digital Skills and job coalition : première ébauche de socle de compétences numériques. Elle sera présentée aux pouvoirs publics à la demande de la commission européenne (sous l’impulsion du Medef) et possiblement déployée dans le PIC (Plan d’Investissement Compétences) en coalition avec 60 partenaires institutionnels, syndicats, collectivités…

 

  • Rapport Villani : création d’un lab public de la transformation du travail « imaginé comme un espace stratégique, un tête chercheuse dont le fil rouge serait le double objectif « anticipation et expérimentation ». Le but de cette entité étant avant tout d’adapter les dispositifs en fonction d’un ciblage des métiers, à savoir ceux qui demeureront les plus impactés par l’évolution technologique. De même, il faudra adapter les modes de financement de la formation à la réalité de l’IA (Intelligence Artificielle) dans les 3 ans à venir dans l’Enseignement Supérieur mais également au sein de « modules IA » issus d’autres cursus non scientifiques…

 

  • Le PIC (plan investissement compétences) : il prévoit de moderniser le système de formation professionnelle en misant sur la formation à distance : 250 000 devraient être financées durant le quinquennat (Sources presse professionnelle spécialisée).

« 20% des demandeurs d’emploi citent la distance comme un frein au recours à la formation » (Jean Pisani-Ferry économiste)

  • L’appel à projet « Mutations économiques et technologiques »  2017 du FPSPP :  souhaite appréhender, mutualiser les sources de financement nouvelles pour pouvoir agir en temps et en masse…

 

« Le grand plan d’investissement compétences 2018-2022 » UHFP dossier
Autres pistes à mettre en place… 
  • Le Blended Learning : D’après les Chiffres 2017 du digital learning, soit une étude menée auprès de 400 structures par l’Institut des métiers du blended learning (ISTF), près d’un apprenant sur deux n’achève pas sa formation à distance s’il n’est pas accompagné. De plus, les plans de formation mixte alliant « présentiel et distanciel » sont passés de 53% en 2015 à 58% en 2016.

 

  • Lutter contre « l’illectronisme » : un accompagnement préalable vers la littératie numérique : l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances et ses capacités. L’objectif est de faciliter le prêt de matériel, émettre des contenus adaptés aux publics … pour pouvoir contourner les freins. Pour cela, il faudra convaincre davantage les financeurs et les partenaires sociaux.

 

  • Création d’une veille stratégique : Anticiper les compétences : « connaître les transformations (technologie, réforme politique, démographique) qui bouleverseront le marché du travail et par conséquent celui de la formation » ( état des lieux de la Cedefop examinant les approches de l’anticipation des compétences dans les 28 états membres de l’UE).

 

  • Création d’un CFA numérique : A noter qu’il existe depuis 2017, dans le cadre d’un partenariat entre le Conseil Régional Ile de France et la société Openclassroom, un Centre de Formation des Apprentis basé sur des enseignements entièrement à distance : des premières filières de CFA nouveau format,  avant tout dédiées aux métiers du numérique…

 

Enquête sur l’accès aux droits, Défenseur des droits, mars 2017

 
Concrètement, que faire du côté du marché de la formation professionnelle ? 

De manière générale, il sera primordial d’augmenter l’offre, le financement et l’évaluation de la formation professionnelle afin d’obtenir des compétences transférables ou complémentaires des technologies. L’offre de formation devra également s’adapter à « l’hybridation des métiers », c’est-à-dire à la recomposition des emplois ayant eu lieu à cause de la transformation digitale : certains blocs de compétences à acquérir devront s’adapter aux emplois issus de branches professionnelles très différentes.

L’Enseignement, la formation initiale ainsi que leur management, devront en parallèle évoluer dans l’objectif de promouvoir la diffusion d’organisations du travail et de politiques de ressources humaines les plus en adéquation avec ces nouvelles technologies.

Car en définitive, la « digitalisation » de la formation professionnelle se traduira par un double impact :

  • elle renouvellera profondément les pédagogies et les parcours de formation
  • elle fera évoluer le système même de formation professionnelle, « en s’ajustant parfaitement avec l’esprit des réformes récentes : formations tout au long de la vie, sécurisation des parcours professionnels, comptes personnels de formation (CPF) ».

« La transformation numérique de la formation est vue comme un moyen de s’adapter à une palette plus large de publics ». (l’étude de l’Observatoire Prospectif des Métiers et Qualifications de la branche des Organismes de formation). 

 

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